09/06/19: tournoi-de-dirinon-quel-périple-depuis-mada

Chaque année, des jeunes viennent de Madagascar pour participer au tournoi international de Dirinon, dont la 25e édition s’est déroulée ce week-end. Et c’est une sacrée aventure, du taxi-brousse au TGV en passant par l’avion…
Tout commence par des tournois de foot organisés des mois avant le tournoi, pour repérer les meilleurs enfants de onze ans de l’extrême nord de Madagascar, le secteur d’Antsiranana. Que des Bretons connaissent mieux sous le nom de Diego-Suarez, pour y être allés dans le cadre de leur métier à l’arsenal. Le 13 mai dernier, les dix joueurs retenus pour constituer l’équipe de Zavoto (jeunesse en malgache) et leurs deux accompagnateurs ont dit au revoir à leurs familles pour se rendre dans cette ville. En taxi-brousse pour beaucoup.
De là, un car les a emmenés au centre du pays, dans la capitale Tananarive, à plus de 700 km à vol d’oiseau. Un rendez-vous était fixé le 16 mai pour les demandes de visas, qui ne peuvent se faire à distance. Il a fallu deux semaines pour les recevoir. Pendant cette période, l’équipe était hébergée dans un centre de sport à Carion, proche de la capitale et les joueurs ont pu s’y entraîner tous les jours.

Un mois loin de chez eux

Samedi dernier, ils sont montés dans un avion… pour quelques minutes. Le brouillard a rendu le décollage impossible et ils ont dû redescendre. Ils sont partis le lendemain soir et sont arrivés à Roissy tôt lundi matin. Un TGV vers Brest, via Rennes pour arriver en Bretagne. Autant de nouveautés pour tout ce beau monde. Des familles bretonnes hébergent un ou deux enfants depuis, et jusqu’à vendredi prochain, jour du départ. Le trajet sera moins long, en formalités, pour retrouver les familles, au bout d’un mois !
Depuis, les enfants sont encore allés de découverte en découverte. D’abord les chaussures à crampon et le football sur l’herbe, mardi. « Ils frappent plus fort pieds nus, on le voit et ils détestent les protège-tibias », note Claude André, de l’association Zatovo, basée à Plougastel et qui œuvre pour les jeunes de ce pays.

La solidarité se met en place

C’est la quatorzième fois qu’elle finance cette opération (elle a été créée il y a quinze ans) : transports, visas et autres. « Il n’y a pas eu de problème de visa cette année mais il est arrivé que des joueurs soient bloqués là-bas ». Dur pour eux, sans compter que l’asso a alors payé leurs billets aller pour rien. Son budget est de 10 000 à 12 000 € annuels, financés par des subventions, des sponsors et mécènes et des repas malgaches organisés par les bénévoles (comme le 23 juin prochain à Bohars). La communauté malgache du coin se mobilise.
« Nous sommes très contents de jouer un gros tournoi comme celui-là », sourit Mola Djoma, alias Nodo, l’entraîneur, venu avec Freda, la cheffe de délégation. « J’échange des techniques avec des éducateurs ». Et puis les garçons sont allés dans plusieurs écoles des environs. « On a vu qu’il y a moins d’élèves par classe, qu’il y a plus de matériel, d’enseignants que chez nous. Les enfants ont suivi un cours de maths avec des Français. Ici, en France, tout est propre, les gens sont gentils ». Le tournoi va leur offrir des livres pour enfants, plusieurs équipes des jeux de maillots et autres équipements.
Les Malgaches sont allés jusqu’en quarts de finale de la catégorie Espoirs.