Catégorie : La presse 2018

Pavard y était en 2006

article du 17 juillet 2018

C’est peu dire que le tournoi de Dirinon vient sérieusement d’enrichir sa carte de visite. En effet, depuis dimanche, la compétition peut s’enorgueillir d’avoir accueilli un champion du monde, le Français Benjamin Pavard, et un vice-champion du monde, le Croate Andrej Kramaric.

Créé en 1995, le tournoi de Dirinon en a vu passer des jeunes joueurs. Et des bons. Jusqu’à présent, on citait volontiers en guise d’exemples Morgan Schneiderlin, Kingsley Coman ou Jack Wilshere. Ces trois-là sont tous devenus internationaux, les deux premiers avec les Bleus, le dernier avec l’Angleterre. Mais, il aura suffi d’un seul match – une finale de coupe du monde – pour rebattre les cartes.

Un but contre la Russie

Honneur d’abord au perdant (il est bien plus facile d’être fair-play lorsque l’on est le vainqueur !). En 2001, l’ancien joueur légendaire du Brest Armorique FC, Drago Vabec a fait profiter le tournoi de Dirinon de ses contacts en faisant venir son ancien club, le Dinamo Zagreb. Dans l’équipe figure alors un jeune attaquant prometteur, Andrej Kramaric.Ce dernier a fait bien du chemin depuis. En club, il évolue actuellement en Allemagne, à Hoffenheim. Mais, surtout, c’est aujourd’hui un international croate qui totalise plus de 30 sélections en équipe nationale. Durant cette Coupe du monde, il est le plus souvent rentré en cours de match, son fait d’arme restant cette égalisation de la tête contre la Russie.

Le passage de Benjamin Pavard à Dirinon est, lui, plus récent. Il date de 2006. Le défenseur n’a alors que 10 ans et évolue à Lille. La petite histoire retiendra que son équipe s’était fait éliminer en demi-finale contre Lyon. Contacté ce lundi, son entraîneur de l’époque, Mickaël Foor, a suivi l’ascension fulgurante de celui qui, en 2017, évoluait encore en deuxième division allemande.

Marge de progression

« Sa trajectoire est très curieuse, très surprenante. Il y a quelques mois, beaucoup ne le connaissaient pas. Ceux qui le connaissaient savaient sans doute qu’il serait un bon joueur. Mais, de là, à devenir champion du monde à 22 ans. Ça, c’était quand même assez imprévu. Même moi, je ne l’aurais pas cru si on me l’avait dit il y a un an », confesse celui qui travaille aujourd’hui pour le district des Flandres et qui commente les matchs de Lille sur la chaîne du club.Mickaël Foor est donc admiratif du chemin parcouru par le jeune footballeur. Mieux, il lui octroie encore une belle marge de progression. « Sa grande qualité, c’est qu’il sait s’adapter de manière incroyable. Jusqu’à son arrivée en équipe de France, personne ne l’avait encore fait jouer sur le côté. Il est défenseur central de formation. Alors, c’est vrai qu’il y a des précédents prestigieux comme Lilian Thuram qui jouait défenseur central en club et latéral en sélection. Aujourd’hui, en équipe de France, Samuel Umtiti et Raphaël Varane occupent l’axe. Ils semblent incontournables et vont être difficiles à déloger. La force de Benjamin Pavard est d’avoir su jouer sur le côté ».

Pourtant, son ancien formateur estime que ce n’est pas là qu’il est le plus fort. « Je le trouve plus convaincant dans l’axe. Sur le côté, il peut être mis en difficulté face à des joueurs comme Messi car il n’est pas très explosif, pas très rapide. Ce n’est pas aujourd’hui au poste de défenseur droit qu’il est le plus à l’aise. Mais il le sera davantage à l’avenir ». On a hâte de voir ça !